Chers témoins du Christ, bonjour !

En ce dernier dimanche de l’année liturgique avant la période de l’Avent, nous aurions du vivre un culte de l’espérance ; un culte durant lequel nous nous serions souvenus des personnes qui ont quitté notre regard ces 12 derniers mois.

Avec mes collègues Gaby Maffli et Christian Pittet, nous avons fait le choix de reporter ce culte afin de pouvoir le vivre en présence des familles endeuillées.

En attendant que les conditions sanitaires soient réunies pour nous rassembler physiquement, voici ce que je vous propose pour ce dimanche 22 novembre :

 

  • Commençons par prier pour faire place en nous à la présence de Celui qui vient nous rencontrer

 

  • Puis chantons Bénis soit le lien qui nous unit pour élargir notre communion spirituelle les uns aux autres

 

  • Poursuivons en écoutant l’Évangile du jour dans Matthieu 25

 

  • Lisons ensuite un commentaire de Marie-Noëlle Thabut

 

  • Faisons alors silence quelques instants puis prions pour accroître la présence de l’humanité en nous

 

  • Continuons dans ce même esprit en chantant Laisserons-nous à notre table

 

  • Accueillons enfin une invitation à vivre la Cène autrement

 

Bien en pensées avec vous, chère communauté, soyez bénis dans votre temps de culte et renouvelés pour cette nouvelle semaine.

Avec mes fraternelles salutations.

Laurent Vilain, pasteur

 

Prière d’invocation

Dieu très bon,

nous te devons tout,

et nous avons besoin de toi.

Nous te bénissons de nous rassembler en esprit autour de toi

pour nous donner du repos,

pour nous réconforter par ta présence,

et pour nous nourrir par ta Parole.

Béni sois-tu, Père, Fils et Saint-Esprit,

Aujourd’hui et toujours

 

Chant : https://www.youtube.com/watch?v=oy1b9uKUOZs

1. Béni soit le lien
Qui nous unit en Christ,
Le saint amour, l’amour divin
Que verse en nous l’Esprit.

2. Au ciel, vers notre Dieu,
Avec joie et ferveur,
S’élèvent nos chants et nos vœux,
Parfum doux au Seigneur.

3. Nous mettons en commun
Nos fardeaux, nos labeurs ;
En Jésus nous ne sommes qu’un
Dans la joie et les pleurs !

4. Si nous devons bientôt
Quitter ces lieux bénis,
Nous nous retrouverons là-haut,
Pour toujours réunis.

 

Évangile du jour et introduction méditative par Antoine Nouis et Florence Taubmann : https://www.youtube.com/watch?v=4c0yZMo6_m4&ab_channel=Campusprotestant

31 «Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire.

32 Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres.

33 Il placera les brebis à sa droite et les chèvres à sa gauche.

34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: ‹Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde.

35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli;

36 nu, et vous m’avez vêtu; malade, et vous m’avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi.›

37 Alors les justes lui répondront: ‹Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire?

38 Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir?

39 Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi?›

40 Et le roi leur répondra: ‹En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait!›

41 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche: ‹Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges.

42 Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire;

43 j’étais un étranger et vous ne m’avez pas recueilli; nu, et vous ne m’avez pas vêtu; malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.›

44 Alors eux aussi répondront: ‹Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t’assister?›

45 Alors il leur répondra: ‹En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.›

46 Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle.»

(texte selon la Traduction œcuménique de la Bible)

 

Commentaire de Marie-Noëlle Thabut

Par cette parabole, Jésus nous révèle notre vocation, le projet que Dieu a sur l’humanité en nous créant : nous sommes faits pour être roi. Et il faut écrire « roi » au singulier ; car c’est l’humanité tout entière qui est créée pour être reine ; vous avez entendu le début du jugement : « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. ». L’homme est bien créé pour être roi ! « Remplissez la terre et dominez-la » dit Dieu à l’homme au commencement du monde. (Gn 1, 28). L’idée que nous nous faisons d’un roi, entouré, courtisé, bien logé, bien vêtu, bien nourri… c’est très exactement ce que Jésus revendique pour tout homme.

Le Livre du Deutéronome, déjà, affirmait que si l’on veut vivre l’Alliance avec Dieu, il faut éliminer la pauvreté : « Il n’y aura pas de pauvres parmi vous » (Dt 15, 4) au sens de « Vous ne devez pas tolérer qu’il y ait des pauvres parmi vous. ». Jésus s’inscrit dans la droite ligne de cet idéal attribué à Moïse.

Au passage, nous avons là une définition intéressante de la justice : quand nous parlons de justice, nous avons toujours envie de dessiner une balance ; or ce n’est pas du tout dans ces termes là que Jésus en parle! Pour lui, être juste, c’est donner à pleines mains à qui est dans le besoin. D’autre part, il n’y a même pas besoin d’en être conscient : « Quand est-ce que nous t’avons vu ? Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? »… Nous qui nous demandons parfois si le salut est réservé à une élite, nous avons ici une réponse : visiblement, Jésus ne se préoccupe ici ni des titres ni de la religion de chacun. « Quand les nations seront rassemblées devant lui, il séparera les hommes les uns des autres… » Ce qui veut dire que des non-chrétiens auront le Royaume en héritage et peuvent être appelés « les bénis de son Père » ! C’est parmi des hommes de toutes races, de toutes cultures, de toutes religions qu’il se vit déjà au jour le jour quelque chose du Royaume. Nous savons bien que nous n’avons pas le monopole de l’amour, mais il n’est pas mauvais de nous l’entendre dire !

À tous ceux qui auront su avoir des gestes d’amour et de partage le Fils de l’homme dit : « Venez les bénis de mon Père », ce qui veut dire « vous êtes ses fils, vous lui ressemblez ». « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Le jugement porte sur des actes concrets faits ou non-faits ; curieusement, ce n’est pas l’intention qui compte ! Matthieu avait déjà dit quelque chose du même ordre : « Il ne suffit pas de me dire : Seigneur, Seigneur ! pour entrer dans le Royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux » (Mt 7, 21).

Il reste que ce texte garde un caractère un peu choquant par l’opposition radicale entre les deux catégories d’hommes, les bénis du Père, et les maudits : et d’ailleurs, dans laquelle pourrions-nous être comptés ? Tous, nous avons su, un jour ou l’autre visiter le malade ou le prisonnier, vêtir celui qui avait froid et nourrir l’affamé. Mais tous aussi, nous avons, un jour ou l’autre, détourné les yeux (ou le porte-monnaie) d’une détresse rencontrée ; aucun de nous n’oserait se compter parmi « les bénis du Père » ; aucun non plus ne mérite totalement la condamnation radicale ; Dieu, le juste juge, sait cela mieux que nous. Aussi, quand nous rencontrons dans la Bible l’opposition entre les bons et les méchants, les justes et les pécheurs, il faut savoir que ce sont deux attitudes opposées qui sont visées et non pas deux catégories de personnes : il n’est évidemment pas question de séparer l’humanité en deux catégories, les bons et les justes, d’un côté, les méchants et les pécheurs de l’autre. Nous avons chacun notre face de lumière et celle de ténèbres.

Il est saisissant de resituer ce discours de Jésus dans son contexte : d’après saint Matthieu, cela se passe juste avant la Passion du Christ, c’est-à-dire le moment où les forces de la lumière vont affronter celles des ténèbres. Au moment de quitter ce monde, Celui qui nous fait confiance, comme il nous l’a dit dans la parabole des talents, nous confie ce qu’il a de plus précieux au monde : l’humanité. Tous ces derniers dimanches, les évangiles nous proposaient ce que j’appellerais des variations sur la vigilance, sur le mot « veiller » ; ici, une nouvelle variation nous est proposée : « veiller » cela peut vouloir dire « veiller sur. »

 

Temps de Silence

 

Prière

Seigneur, donne-moi des yeux pour te voir dénudé et affamé,
des oreilles pour t’écouter criant et suppliant.

Donne-moi des mains pour te soigner, malade et emprisonné,
un coeur ouvert pour t’accueillir, étranger et sans toit, dans la maison de la fraternité, à la table du partage.

Donne-moi l’intelligence pour construire des ponts,
un coeur pour briser les frontières, le courage pour les dénoncer.

Donne-moi l’endurance pour la marche, l’appui dans les tribulations, l’audace dans la prophétie.

Donne-moi la force de raccourcir les distances, globaliser les solidarités,
de rallumer les rêves, et de faire les germes d’un avenir d’espérance.

Amen

 

Chant : https://www.youtube.com/watch?v=ej8ZZr5Yixg&ab_channel=SingToGod%21

1. Laisserons-nous à notre table
Un peu d’espace à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra
Un peu de pain et d’amitié ?
Refrain
Ne laissons pas mourir la terre,
Ne laissons pas mourir le feu.
Tendons nos mains vers la lumière
Pour accueillir le don de Dieu. (bis)

2. Laisserons-nous à nos paroles
Un peu de temps à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra
Un cœur ouvert pour l’écouter ? Refr.

3. Laisserons-nous à notre fête
Un pas de danse à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra
Des mains tendues pour l’inviter ? Refr.

4. Laisserons-nous à nos fontaines
Un peu d’eau vive à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra
Des hommes libres et assoiffés ? Refr.

5. Laisserons-nous dans nos églises
Un peu d’espace à l’étranger ?
Trouvera-t-il quand il viendra
Des cœurs de pauvres et d’affamés ? Refr.

 

Invitation à la Cène pour ce vendredi 27 novembre à 19h00: https://eerv.ch/files/flash/no330/21_Annonce_Zoom_cene.jpg